Résumé de l'étude historique et patrimoniale portant sur les bâtiments du 48-50 et 52-54-56 rue Laval, Ville de Hull

L'étude historique et patrimoniale part d'un questionnement sur la valeur de ces biens immobiliers. Situés sur les lots 321 et 320 du quartier 4 non modifiés depuis l'incorporation de la Cité de Hull en 1875, la construction initiale de ces deux bâtiments remonte à l'année 1900, après le Grand feu du 26 avril. Deux grandes chaînes de propriétés et de successions distinctes s'observent sur chacun des bâtiments : la première, pour le 48-50 Laval, est dominée par la présence de la famille Arbique; et la seconde, pour le 48-50-52 Laval, est marquée par l'exploitation de bourgeois d'Ottawa et de Hull. Conséquemment, l'étude présente un régime double d'occupation des lieux, soit une série caractérisée par des propriétaires-occupants qui tentent d'exploiter un commerce de quartier, et une autre série dominée par une suite nombreuse de locataires.

L'étude accorde une évaluation positive à l'authenticité des bâtiments : pas les fondations, les revêtements extérieurs, les façades, les matériaux de construction (la brique rouge), les ouverture et même l'espace derrière relié au droit de passage. Si certaines modifications ont altéré quelque peu cette authenticité, comme le mur nord du 52-54 Laval, l'étude considère que l'essentiel du patrimoine que représentent ces deux bâtiments a été sauvegardé de l'épreuve du temps. En outre, la morphologie urbaine immédiate à ceux-ci témoigne visiblement d'une même manière de construire. Les deux bâtiments présentent donc une valeur physique certaine comme biens patrimoniaux, puisqu'ils partagent et contribuent au façonnement d'un paysage urbain identifié à l'histoire de la ville de Hull.

L'étude s'attarde aussi à examiner l'intensité d'une valeur symbolique des lieux. Ce deuxième système d'évaluation passe d'abord par l'étude de la nature des propriétaires et des occupants : intégration communautaire de quartier versus distanciation physique des groupes sociaux proportionnellement à leurs intérêts respectifs et concurrents. Nous n'hésitons pas à conclure que du point de vue de la valeur symbolique, les bâtiments du 48-50 et du 52-54 Laval représentent ensemble une dualité hulloise entre des petits propriétaires intégrés à la vie de quartier et des locataires obtenant leurs abris de riches propriétaires éloignés physiquement. Certes, cette situation n'est pas unique, mais elle n'en fait pas pour le moins partie d'une identité authentiquement hulloise.

Autant par l'évaluation physique que par l'évaluation symbolique des lieux, les bâtiments du 48-50 et du 50-52 Laval représentent un acquis patrimonial qu'il est nécessaire de conserver. Il est d'intérêt public de préserver et de mettre en valeur ces bâtiments, ne serait-ce, d'abord et peut-être avant tout, parce qu'il reste trop peu de biens immobiliers qui soient représentatifs de notre patrimoine architectural du début du siècle, et surtout parce que ces bâtiments sont présents à l'intérieur d'un secteur exceptionnel où le paysage urbain d'origine résiste encore et toujours... aux spéculateurs immobiliers et aux vagues de modernisations éhontés.

Source : Luc Villemaire, Étude réalisée pour le compte de la Ville de Hull en juillet 1990. La photographie, prise le 18 juillet 1990, figure à la collection de MédiaRecherche enr.

L'édifice des 52-54-56 rue Laval à Hull fut détruit par un incendie en 1992.