Résumé de l'étude historique et patrimoniale portant sur le Château d'eau de Hull

Reconnu maintes et maintes fois, le secteur du ruisseau de la brasserie, dans la ville de Hull, représente une zone à fort potentiel patrimonial. L'une des composantes majeures de ce secteur est le Château d'eau construit en 1901, situé à la hauteur d'une chute qui fit longtemps la convoitise de plusieurs.

Tour à tour le site fut occupé par une brasserie, puis une fabrique de haches, qui n'hésitèrent pas à harnacher le pouvoir d'eau du ruisseau pour faire tourner, tantôt les moulins, tantôt les machines mues par une force hydraulique. La Ville de Hull fit l'acquisition de ce site pour mettre la chute du ruisseau au profit de la collectivité. Elle y trouva même trois fonctions, soit un Château d'eau pour produire l'eau potable et le service d'aqueducs contre les incendies, ainsi qu'une usine hydro-électrique.

Les installations au barrage du ruisseau de la Brasserie ont d'unique leur localisation très urbaine. Pour les forces motrices et électriques, les premières dynamos installées au début du siècle ont été remplacées en 1917 par une turbine verticale Allis-Chalmers. Celle-ci opérait sous 18 pieds de charge, avec un alternateur de marque Canadian General Electric. Pouvant produire 2200 volts sur 2 phases, équivalant à 170 ampères à 100 r.p.m., cette énergie servait à alimenter les pompes du Château d'eau et une partie de l'éclairage des rues et de lieux appartenant à la municipalité.

L'approvisionnement en eau s'effectuait autant pour le service des incendies que pour l'eau potable. Puisée à partir d'une prise dans la rivière des Outaouais et transportée à l'aide d'une dénivélation de 174 pieds, l'eau atteignait le Château d'eau, une véritable station de pompage, où des turbines hydrauliques conduisant des pompes centrifuges poussaient l'eau dans les équipements de filtration puis dans les réseaux de l'aqueduc municipal. Il y eut jusqu'à neuf (9) pompes pour desservir tous les besoins de l'époque, dont quatre (4) étaient mues par l'électricité, quatre (4) par la force hydraulique et une (1) par une moteur à explosion 4 temps.

Autant comme technologie d'une époque, que par les circonstances qui conduisirent à leur mise en service, le site et les équipements ont une valeur patrimoniale importante pour la Ville de Hull. Aujourd'hui, cette architecture représente d'abord un outil qui permettrait à la population locale de se « réapproprier » une histoire dont elle est, de façon consciente ou non, tributaire. Elle pourrait constituer un moyen par lequel la municipalité pourrait transmettre à sa population une mémoire collective et un sentiment d'appartenance.

Source : Luc Villemaire, La turbine du barrage au Château d'eau de Hull; Devis de recherche et de rédaction préparé le 6 avril 1990, et Rapport de recherche présenté le 22 mai 1990, pour le compte de la Ville de Hull. Disponible à la Bibliothèque de la Ville de Hull, Maison du Citoyen, Réserve de Hull, cote 621.312134'M489t'1990'RES.(H), pour consultation seulement

Le 30 avril 1991